Historique du projet

Un déchet aquatique est généralement défini comme « tout matériau ou objet solide persistant, manufacturé, déchargé, perdu ou abandonné, de manière délibérée ou involontaire, dans l’environnement marin et littoral ».

L’Agence Européenne pour l’Environnement (EEA) estime que chaque année, 10 millions de tonnes de déchets aquatiques sont déversées dans les mers et les océans du monde. Bien que les plastiques soient le type de déchets le plus courant dans le milieu marin, la liste est interminable : filets de pêche, cordes, serviettes hygiéniques, tampons, cotons-tiges, etc. Le dernier rapport publié par le ministère espagnol de l’agriculture sur les déchets aquatiques échoués sur les plages espagnoles durant 2015 (MAGRAMA, 2016) a caractérisé les objets les plus fréquents, qui totalisent 80 % du total des objets identifiés.  Ces objets sont regroupés dans le dénommé Top X qui, dans le cas de l’Espagne, est constitué de 16 objets:

1 Pièces en plastique 0-2,5 cm 9 Mousses synthétiques
2 Cordages et cordes (Ø<1cm) 10 Autres objets en plastique
3 Mégots 11 Poches et sacs plastiques
4 Pièces en plastique 2,5 – 50 cm 12 Pièces en bois < 50 cm
5 Couvercles et bouchons en plastique 13 Emballages alimentaires
6 Cotons-tiges 14 Pailles/couverts/assiettes
7 Emballages de bonbons et snacks 15 Emballages industriels/plaques
8 Bouteilles en plastique 16 Canettes

Les déchets, qu’on retrouve indistinctement dans toutes les mers et tous les océans, ont de nombreuses répercussions sur l’environnement, le biote, l’économie locale et la santé des individus. 15 % des déchets qui sont déversés dans la mer sont rejetés sur la côte, 15 % flottent en surface et les 70 % restants coulent et sont engloutis par les fonds marins. Ce qui veut dire que nous ne voyons que la pointe de l’iceberg et que la société n’a pas conscience de la dimension réelle du problème associé aux déchets aquatiques.

Une multitude de publications scientifiques spécialisées se sont centrées sur la définition du concept et de l’origine des déchets aquatiques et étudié leur distribution et leur volume dans les différentes mers.  Des protocoles de notification et des guides de surveillance ont été développés et des études sur les microplastiques ont été entamées. L’étape suivante consiste à réduire la quantité de déchets aquatiques pour atteindre à l’horizon 2020 un ‘bon état écologique’ dans le milieu marin, suivant les expectatives du Descripteur 10 de la directive-cadre « Stratégie pour le Milieu Marin » (Directive 2008/56/CE) relative aux déchets aquatiques.

Le golfe de Gascogne fait ici figure de zone d’intérêt spécial car elle concentre une multitude d’activités associées à la pêche artisanale et commerciale ainsi qu’au tourisme, Des activités qui requièrent nécessairement pour leur développement le maintien d’un environnement sain. Le coût de maintenance des plages propres pour les administrations est accablant : on estime qu’environ 350 millions d’euros sont dépensés chaque année pour l’entretien des côtes européennes. Sans compter l’effort économique et social investi dans l’éducation à l’environnement, dans l’éco-design et dans la promotion de nouvelles modalités de production.

Partant de cette nécessité, LIFE LEMA naît pour contribuer à la gestion adéquate des déchets aquatiques par les pouvoirs locaux, en complément de programmes de prévention et de sensibilisation de la population qui pourront être utiles pour aborder cette problématique et trouver des solutions.