Le projet LIFE LEMA relève le défi des déchets aquatiques flottants dans le Golfe de Gascogne

Le projet européen, qui a démarré en septembre et se prolongera durant les trois prochaines années, contribuera à la gestion efficace des déchets aquatiques flottants à travers la collecte de 100 tonnes de ces déchets en Guipúzcoa et dans les Pyrénées Atlantiques.

Life LEMA presentation.

LIFE LEMA s’inscrit dans le cadre du programme européen LIFE pour l’Environnement et l’Action pour le Climat et représente un investissement total de 2,1 millions d’euros, dont 1,2 millions sont cofinancés par l’Union Européenne.

LIFE LEMA fournira un guide méthodologique et des outils intelligents aux autorités locales pour la gestion efficace des déchets aquatiques flottants, en encourageant des améliorations au sein des politiques européennes de dimension transfrontalière. Le projet, formé d’un groupe de travail international composé de 6 partenaires, a pour chef de file le Conseil Territorial de Guipúzcoa. L’équipe se complète des centres de recherche AZTI et Rivages Pro Tech, des organismes publics Syndicat mixte Kosta Garbia et municipalité de Biarritz, ainsi que de l’organisation humanitaire Surfrider Foundation Europe.

L’Agence Européenne pour l’Environnement (EEA) estime que chaque année, 10 millions de tonnes de déchets aquatiques sont déversées dans les mers et les océans du monde. Les déchets aquatiques sont un problème d’envergure mondiale dont l’origine est à la fois marine et terrestre. Près de 80 % des déchets qu’on retrouve dans le milieu marin sont en grande partie issus des activités terrestres. Ces déchets aquatiques engendrent des problèmes non seulement pour l’environnement, mais affectent aussi l’économie et la santé. Ils ont une répercussion directe sur la faune marine et sur le domaine socioéconomique des communautés littorales, puisqu’un littoral affecté par les déchets aquatiques est peu attrayant et entraîne une diminution des touristes disposés à en profiter. 350 millions d’euros sont dépensés chaque année pour le nettoyage des plages européennes, un coût énorme pour les autorités européennes chargées du littoral, que le projet LIFE LEMA cherche précisément à diminuer.

red lema

Déchets marins: filets de pêche.

Les recherches menées sur la période 2011-2012 par le projet PELAGIS/CRMM ont détecté dans le Golfe de Gascogne une densité de déchets aquatiques flottants à l’hectare (entre 0-100 m de profondeur) supérieure au reste des régions européennes, avec une valeur de 2,03 fragments/hectare. Entre 2 et 3 % de ces déchets sont associés au secteur de la pêche. C’est pourquoi dans ses études pour la prise de mesures, LIFE LEMA considère le secteur de la pêche comme un acteur fondamental dans la prévention de ce problème environnemental.

Le LIFE LEMA propose de chercher des solutions communes pour gérer de manière adéquate le flux de déchets et pour réduire dans la foulée l’effet des déchets aquatiques. Les déchets aquatiques sont un problème mondial lié à la croissance de la population et à ses habitudes de consommation effrénées. La collaboration à l’échelle internationale, nationale, régionale et locale, est indispensable pour opérer un changement dans la production et la consommation et, par suite, prendre des mesures de prévention et de contrôle. La coopération transnationale, et notamment la coopération transfrontalière, devient nécessaire pour atteindre de manière effective les objectifs et les résultats ciblés pour rétablir la bonne qualité de nos océans.

Concrètement, le projet LIFE LEMA contribuera à l’implantation par chaque pays membre sur son territoire de mesures approuvées en 2016 dans le cadre du Programme de Mesures de la Stratégie Marine. Il étudiera des procédures de collecte de déchets aquatiques, fera en sorte que des bateaux de pêche soient aménagés pour leur collecte et que des bateaux spécifiques soient destinés à la pêche des déchets ; enfin, des barrières flottantes seront installées pour l’analyse de blocages dans les estuaires. Des systèmes d’efficacité énergétique seront implantés sur les bateaux adaptés à la pêche de déchets. Les études d’accumulation de déchets seront menées sur les points chauds en incluant les données des caméras vidéo placées dans les estuaires de l‘Adour (Aquitaine) et de l’Orio (Guipúzcoa) et en utilisant des drones pour superviser l’arrivage de déchets. Le LIFE LEMA envisage entre autres actions de définir des groupes d’experts pour l’amélioration et le suivi des directives européennes, de la Stratégie Marine Européenne et des Politiques du Fonds Européen pour les Affaires Maritimes et la Pêche, en cherchant des solutions communes pour la gestion dans les eaux transfrontalières.

Dossier presse LEMALife Lema project

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *